Vendredi 26 décembre 2008
Par yannou
0
-
Recommander
Vendredi 26 décembre 2008
Dans trois heures, le lieutenant Pontoise pourra quitter son commissariat. Il sera alors libre d'oublier pendant deux jours les turpitudes et les
angoisses qu'inflige à ceux qui l'exercent le dur métier de policier..
A cet instant précis, une femme entre dans le commissariat désert et demande à être arrêtée pour avoir assassiné son mari.
« Comment ? » En le poussant pas la fenêtre de leur appartement du 11e étage.
« Quand ? » Il y a dix ans.
« Pourquoi ? » Parce qu'il était sadique, irresponsable et qu'il la battait, elle et ses enfants.
« Comment se fait-il qu'elle n'a jamais été inquiétée ? » Parce qu'elle a dit qu'il s'agissait d'un suicide et
comme son mari sortait d'un hôpital psychiatrique après avoir plusieurs fois tenté de se tuer, tout le monde l'a crue.
« Pourquoi se dénoncer si longtemps après ? » Parce qu'elle a des remords.
« Et pourquoi justement ce soir ? » Parce que c'est, jour pour jour, le dixième anniversaire du décès et que demain le crime sera prescrit…
Le lieutenant n'en croit pas ses oreilles. Il refuse d'entendre de telles âneries. Voilà une femme qui, en tuant un franc salaud, a protégé l'avenir de ses enfants, que personne ne soupçonne et
qui veut aller en prison pendant des années alors qu'elle a commis le crime parfait. Jamais il ne l'arrêtera. Qu'elle s'en aille cuver ses remords chez elle.
Pendant quelques heures, la meurtrière et le policier vont s'affronter avec une violence rare.
Elle veut qu'on l'arrête.
Il s'y refuse absolument.
Mon avis : Sous forme d'un dialogue entre ses deux personnages, aussi atypiques l'un que l'autre, Jean Teulé nous entraîne dans les turpitudes des vies humaines, entre raison et passion.
L'histoire se dévore et les personnages sont attachants. Quoi de mieux pour passer un bon moment ?
Ma note
Par yannou
0
-
Recommander
Cela fait un
bon moment que j'ai fini ce livre, mais je n'ai plus eu le temps de faire un p'tit tour par ici... Et puis j'ai lu plein d'autres choses, alors je ne sais jamais pas quoi commencer, et finalement
j'oublie tout ce que je voulais raconter !
A propos de Pennac, une réflexion m'est venue alors que je lisais tranquillement, vautrée dans mon canapé...
J'ai lu Pennac toute ma vie.
C'est dingue non ?
Petite, je lisais et relisais les Kamo (je dois en avoir un ou deux en charpie), et vers 11 ans, j'ai commencé la série des Malaussène, "Messieurs les enfants", etc. "Comme un roman" est venu
plus tard, vers 16 ans, quand je me suis à nouveau tournée vers les auteurs français. C'est un auteur qui ne m'a jamais déçue, que je prends énormément de plaisir à lire et relire, sans pour
autant avoir l'impression de le connaître. Je sais que cet écrivain me surprendra et m'enchantera toujours ! C'est un peu l'homme de ma vie ! ;-)
Monsieur Pennac, si, par hasard (je rêve éveillée là quand même !), vous avez vent de ce message, sachez que je vous adore du plus profond de mon coeur. J'aimerais que vous n'arrêtiez jamais
d'écrire...
Une petite note, juste pour la forme, vous avez bien compris que j'ai adoré...
Par yannou
2
-
Recommander
Je reviens sur l'avis que j'avais écrit, qui me paraissait assez faux, assez loin de ce que j'éprouvais finalement.
J'ai tellement aimé ce
livre que je vais juste vous citer deux passages pour vous laisser le découvrir (parce que si j'en vois un qui ne l'a pas lu, ça va barder ! lol)
"On est capable d'envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l'espace, d'identifier un criminel à partir d'un cheveu ou d'une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste
trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d'informations.
On est capable de laisser mourir un être humain dans la rue."
" Je suis peut-être utopiste, n'empêche que je mets des chaussettes de la même couleur, ce qui n'est pas toujours son cas. Et pour exhiber une chaussette rouge et une chaussette verte devant
trente élèves, on ne m'ôtera pas de l'idée qu'il faut avoir un petit coin de sa tête accroché dans les étoiles."
Mon avis : Le meilleur roman de cette rentrée littéraire française. L'écriture est belle, juste et subtile, presque pudique.
L'auteur nous fait passer du rire aux larmes en quelques phrases, avec toujours une grande tendresse. Cette tendresse qui rend supportable l'insupportable : le mutisme de la mère, l'exil de No,
l'isolement de Lou et la maladresse du père.
Et puis, cette extraordinaire relation qui lie No et Lou, cet "apprivoisement" mutuel... C'est très émouvant... J'y
ai lu un hommage au renard et au Petit Prince de Saint-Exupéry. Je suis sans doute dans le faux, mais j'ai ressenti cette même émotion en relisant peu après le texte de Saint-Ex.
La beauté de ce récit éclaire des scènes qui sont (pour ma part) très quotidiennes : un homme enroulé dans des sacs de couchage, dormant à même le sol, un autre qui trompe son
ennui en lisant à voix haute un quelconque mode d'emploi trouvé par terre... une grand-mère qui fait les poubelles et à qui une jeune femme offre des croissants tous les matins... Des scènes
quotidiennes et qui ne me dérangeaient plus beaucoup, je l'avoue, jusqu'à la lecture de ce livre. Depuis, le matin, en allant au travail, je me dis : "tiens, il est réveillé, je pourrais
peut-être lui amener un café ou un sandwich" " bizarre, la grand-mère n'est pas là, j'espère que...ah, non, tout va bien, je la vois". Mais sans pour autant passer à l'action. Pourtant je suis
sûre que ce n'est pas très difficile. Comme souvent, c'est le premier geste qui est ardu. Ce geste, je le ferai, un jour, quand je n'aurai plus peur. Un jour...
Ma note
Par yannou
6
-
Recommander