Dimanche 17 août 2008
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Un graphiste hypocondriaque, végétarien et tyrannisé par ses enfants, rêve d'ailleurs et d'aventure. Le jour où il découvre que les salades, les purées et les pâtes dont il conçoit les emballages
sont bourrées de pesticides, d'hormones de croissance et d'antibiotiques, il décide de rompre avec le système et de fuir la société de consommation. Il s'embarque avec son meilleur ami pour un
périple qui va le conduire à découvrir, loin des circuits touristiques, le dernier pays des merveilles, l'Albanie.
Un extrait :
"Je m'étais résolu à chager de vie de façon radicale. Mon métier de graphiste spécialisé dans le packaging de produits alimentaires ne me causait que des tourments. J'étais végétarien de stricte
obédience, client d'un homéopathe de réputation régionale, adhérent à trois associations de protection de l'environnement et je concevais à longueur d'année des emballages de thon au mercure, de
mayonnaise à la dioxine, d'oeufs bourrés de pesticides. Lorsque je fabriquais un tableau de valeur nutritionnelle qui allait figurer sur une boîte, je ne pouvais m'empêcher d'y lire la colonne
noire qui aurait dû le compléter.
(...)
J'étais devenu un agent du suicide collectif.
Un petit Goebels qui vendait la mort en barre.
Depuis des années, je rêvais de mettre la clef sous la porte. J'aurais voulu réviser notre mode de vie, le mettre en accord avec mes idées. J'avais envisagé toutes les possibilités : me lancer
dans la culture des plantes médicinales, monter une ferme pédagogique, relancer le métier de trappeur. Mais ma femme persistait à préférer le monosodium de glutamate à la purée de ronces et au
ragout de glaïeuls. Il n'était pas question de laisser tomber la confection d'emballages pour la vie au grand air.
Du reste, les désirs de ma fille aînée ne promettaient pas une libération prochaine à l'égard du système. Elle ne voulait plus porter que des Converse, des jazz pants Adidas, des vestes Puma ou
des sacs Eastpak (...).
Sa soeur, qui était encore au primaire, n'avait pas succombé à cette frénésie de possession. Elle se contentait de collectionner les figurines Disney, Pixar et Dreamworks par dizaines. Quant au
petit dernier, il venait d'atteindre ses deux ans. A cet âge, une mini-console Nintendo et deux ou trois DVD d'animation par semaine suffisaient à le satisfaire."
Mon avis : Le narrateur nous entraîne dans un voyage extraordinaire à la recherche de lui-même et d'une solution à la société d'"hyper-consommation". Embarquons à sa suite dans une folle
épopée, délicieusement amère, pleine d'humour et d'amour !
Avec son écriture si particulière, Philippe Ségur nous offre une fois encore un régal de lecture, un moment en tête-à-tête avec nos contradictions et nos idéaux.
Ma note
"L'aventure, d'accord, mais à l'étranger, était-ce bien raisonnable ?"
Par yannou
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Publié dans : Littérature Française
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